Votre datacenter de secours est opérationnel. Les données sont répliquées en temps réel. Les procédures de reprise sont documentées et testées.
Et pourtant, le basculement échoue parce que les deux sites empruntent le même corridor réseau.
C’est le scénario que les équipes IT découvrent trop souvent au mauvais moment : une architecture disaster recovery rigoureuse, rendue inopérante non par une défaillance interne, mais par une coupure sur l’interconnexion qui relie les sites entre eux.
À mesure que les architectures se distribuent entre plusieurs datacenters, environnements cloud et infrastructures Edge, la résilience du réseau est devenue aussi critique que celle des plateformes qu’elle relie. La plupart des plans de continuité ne l’ont pas encore intégré.
Le recovery ne dépend plus uniquement du datacenter
Pendant longtemps, la continuité d’activité consistait principalement à sécuriser les équipements informatiques. L’objectif était simple : disposer d’un site secondaire capable de prendre le relais en cas d’incident majeur.
Aujourd’hui, les architectures ont profondément évolué. Les entreprises exploitent plusieurs datacenters, des environnements cloud, des plateformes de sauvegarde externalisées et des infrastructures Edge. Les données circulent en permanence entre ces différents sites.
Le disaster recovery est devenu distribué. Et lorsqu’une architecture dépend de plusieurs sites, l’interconnexion devient un maillon critique de la chaîne de résilience.
Pannes réseau et connectivité : une menace sous-estimée dans les stratégies de disaster recovery
Selon l’Uptime Institute, les défaillances réseau et connectivité restent la première cause déclarée d’interruption des services IT, devant la puissance électrique. Plus significatif encore : en 2025, les incidents publics impliquant des opérateurs télécoms ont atteint 39 cas recensés, contre une moyenne de 29 sur les cinq années précédentes. Une hausse de 34 % en un an.
Le coût de ces incidents ne cesse de progresser. Plus d’une entreprise sur cinq déclare que sa dernière panne majeure a dépassé le million de dollars de préjudice.
Ce qui aggrave la situation : les évaluations de résilience restent majoritairement focalisées sur les systèmes internes. Les dépendances externes dont les infrastructures de connectivité sont rarement auditées avec le même niveau d’exigence. Une lacune qui peut transformer un incident réseau localisé en défaillance globale du dispositif de continuité.
Lorsqu’une interconnexion critique est interrompue, les conséquences se propagent rapidement : les flux de réplication s’arrêtent, la synchronisation entre sites se rompt, les délais de reprise s’allongent et le basculement vers le site de secours devient impossible ou incomplet.
Le piège du faux double site : quand la redondance ne protège pas
Une entreprise dispose de deux datacenters géographiquement séparés. Les données sont répliquées en temps réel. Les procédures de reprise sont documentées et testées.
Sur le papier, le plan de disaster recovery semble robuste.
Pourtant, dans de nombreux cas, les deux sites restent dépendants du même corridor réseau ou d’infrastructures de transport similaires. Une coupure physique sur ce parcours affecte alors simultanément les échanges entre les deux environnements.
Le risque ne provient plus du datacenter. Il provient du chemin qui les relie.
C’est ce que les équipes découvrent lors d’audits sérieux : deux liens « redondants » qui partagent en réalité le même point de passage physique, le même nœud de collecte ou le même opérateur de transport. Une dépendance invisible, absente des schémas d’architecture, mais bien réelle en cas d’incident.
Quatre questions pour auditer la résilience de vos interconnexions
Avant de valider une architecture de continuité, ces points méritent une vérification concrète pas sur les schémas, mais sur les contrats et les tracés physiques réels.
1. Les liens principaux et de secours empruntent-ils des parcours physiquement distincts, ou partagent-ils un tronçon commun ? Dans beaucoup d’architectures, la diversité annoncée s’arrête au premier nœud de collecte.
2. Existe-t-il une dépendance à un opérateur unique sur l’ensemble du trajet ? Un seul prestataire, même fiable, constitue un SPOF contractuel autant que technique.
3. Les sites de production et de secours ont-ils été connectés via des infrastructures de transport indépendantes, ou via des offres activées issues du même backbone ?
4. Les scénarios de bascule ont-ils été testés en simulant une coupure réseau complète et pas seulement une défaillance serveur ?
Ces questions révèlent fréquemment des risques que les plans de continuité formalisés ne documentent pas.
Sécuriser les interconnexions critiques : l’approche Cellnex avec son réseau fibre Nexloop
Chez Cellnex nous partons du principe que la résilience d’une architecture dépend autant du réseau que des plateformes qu’il relie.
Notre infrastructure nationale repose sur plus de 38 000 km de fibre propriétaire et un backbone longue distance souterrain conçu comme une alternative physique aux parcours traditionnellement utilisés sur le marché. Pas de dépendance à un opérateur tiers. Pas de mutualisation sur les tronçons critiques.
Pour les architectures de disaster recovery, nous proposons des interconnexions sur fibre noire dédiée, des solutions WDM et des liaisons inter-datacenters avec routes diversifiées sur notre réseau fibre métropolitain comme sur nos axes longhaul.
La bonne question n’est pas « mon datacenter de secours est-il disponible ? »
Elle est : par où passent les données qui y arrivent et ce chemin est-il vraiment indépendant ?
